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Conduite avec facultés affaiblies : ce qu’il faut savoir pour éviter le pire

08 novembre 2017

Conduire un véhicule avec les facultés affaiblies par l’alcool, la drogue ou la fatigue peut entraîner des conséquences graves sur les plans humain, matériel et financier. Ce n’est pas à négliger lorsque l’on envisage de prendre le volant, même si l’on croit « être correct »…


Quelques statistiques

Les campagnes de sensibilisation à la conduite avec les facultés affaiblies se sont multipliées au cours des dernières années et, bonne nouvelle, les statistiques démontrent une baisse du nombre de cas. Par contre, la légalisation prochaine du cannabis au Canada sera à prendre en considération dans ces statistiques, mais surtout dans les perceptions et la sensibilisation au fléau de la conduite avec les capacités affaiblies.

L’organisme MADD (Mothers Against Drunk Driving), rappelle que les collisions impliquant la consommation d’alcool ou de drogues demeurent la principale cause de décès criminelle au Canada1.

L’organisme rapporte qu’en 2012, les collisions ont causé 2 546 décès et que de ce nombre, 1 497 (58,8 %) étaient dus à des accidents où de la drogue ou de l’alcool avaient été détectés dans le système des conducteurs1.

À cet effet, dans le contexte de la légalisation de la consommation récréative du cannabis, l’organisme salue les propositions législatives visant les conducteurs drogués. Ces mesures comprennent de nouvelles possibilités pour le dépistage au bord de la route et l’élaboration de nouvelles infractions concernant particulièrement la drogue au volant.

Des conséquences coûteuses sur tous les plans

Évidemment, la conduite avec les facultés affaiblies peut causer des dommages irréparables sur le plan humain. Les dommages matériels sont aussi à considérer lors d’un accident. Mais les impacts ne s’arrêtent pas là.

  • Après la suspension immédiate du permis de conduire, plusieurs frais peuvent s’accumuler, dont les frais de remorquage et de remisage du véhicule.
  • De plus, la révocation du permis de conduire pendant un an s’accompagne d’une amende minimale de 1 000 $.
  • Des frais juridiques peuvent s’ajouter, en plus de la contribution d’assurance supplémentaire et, dans certains cas, des frais reliés à l’installation d’un antidémarreur éthylométrique.
  • Il faut savoir par ailleurs que l’arrestation et la condamnation pour conduite avec les facultés affaiblies ont un impact sur la prime d’assurance automobile : par exemple, pour le cas-type d’un homme de 24 ans, la prime peut passer de 792 $ à 2 376 $ et, pour un homme de 40 ans, de 539 $ à 1 617 $2
  • Notez aussi que traverser la frontière américaine à la suite d’une condamnation pour conduite avec capacités affaiblies devient plus compliqué.

Vrai ou faux : attention aux mythes liés à l’alcool!

Prendre une consommation à l’heure permet de maintenir un taux d’alcool inférieur à 0,08 %.

Faux.

  • Votre taux d’élimination de l’alcool doit être supérieur à la moyenne pour prétendre une telle chose. Une bouteille de bière à 5 % d’alcool, et un verre de vin ou de spiritueux génèrent environ 25 mg d’alcool par 100 ml de sang chez un homme de gabarit moyen et 35 mg par 100 ml pour une femme. La plupart des gens éliminent environ 15 mg par 100 ml d’alcool à l’heure3. Sachez que le taux d’alcool dans le sang continue de monter après la dernière consommation, pour atteindre son maximum une heure après celle-ci.

Il n’existe aucun truc pour faire diminuer le taux d’alcool dans le sang.

Vrai.

  • Prendre une douche froide, un café fort ou une boisson énergisante, courir ou danser ne diminuent pas l’effet de l’alcool. Il faut laisser au foie le temps d’effectuer son travail d’élimination.
  • De plus, la consommation de nourriture n’élimine pas l’alcool et ne stimule pas sa vitesse d’élimination dans le sang. La digestion de nourriture ne fait que retarder l’absorption d’alcool dans le système.

Le fameux 0,08 % ne fait pas foi de tout.

Vrai.

  • On peut avoir les facultés affaiblies même si notre taux d’alcool dans le sang est inférieur à 80 mg par 100 ml. Des facteurs comme la fatigue, le stress, la maladie ou la prise de médicaments ont aussi une influence sur l’acuité des facultés.
  • Les policiers peuvent arrêter un conducteur avec un taux d’alcool dans le sang inférieur à la limite permise, mais présentant des signes évidents de facultés affaiblies. Les épreuves de coordination constituent de bons indices de l’état des capacités.

La prévention pour réduire les risques

La nomination d’un conducteur désigné dans un groupe, lors d’une sortie ou d’une activité, demeure une des bonnes solutions de rechange aux risques de conduite avec les facultés affaiblies.

Pour les parents

  • Soyez complice de votre jeune, d’abord en le sensibilisant à l’importance de l’enjeu de l’alcool et de la drogue au volant, mais aussi en vous proposant pour aller le chercher, lors d’une sortie.
  • Vous pouvez aussi lui fournir de l’argent pour qu’il puisse utiliser un taxi pour rentrer à la maison.
  • Rappelez aussi à votre jeune de ne jamais monter à bord d’un véhicule dont le conducteur a consommé de la drogue ou de l’alcool.

Comme hôte

  • Au risque de paraître rabat-joie, n’hésitez pas à demander à vos invités s'ils ont un conducteur désigné. Si un invité a trop bu, offrez-lui de lui payer un taxi ou de passer la nuit chez vous.
  • Assurez-vous aussi d'offrir des boissons non alcoolisées et de la nourriture.

Ce sujet vous intéresse? Accédez au Centre d’étude sur la conduite avec les facultés affaiblies par les drogues.

Sources :
1. La présence d’alcool ou de drogue dans les collisions mortelles sur nos routes, Statistiques de MADD Canada
2. Conduites avec facultés affaiblies : conséquences financières, CAA Québec
3. Élimination de l’alcool : cinq mythes déboulonnés, Protégez-vous
La conduite avec facultés affaiblies au Canada, 2015, Statistique Canada
Le coût humain de la conduite avec facultés affaiblies au Canada, ministère de la Justice, gouvernement du Canada


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